A peine arrivé, on sent la bêtise : juste cinq jours ici, ce sera vraiment trop peu ! Il est vrai qu’on n’a pas vraiment eu le choix, en raison du remplissage des hôtels. Mais la ville est très étendue et comme on persiste à tout visiter à pied tant que la météo est relativement clémente, le nombre de visites sera forcément restreint. D’un autre côté, on n’est pas aux pièces non plus : il y a plus de 2000 temples à Kyoto, il serait utopique d’espérer en voir plus de quelques dizaines sur ces cinq jours !

Une fois le check in effectué, dans un hôtel perdu près du parc impérial, on part donc déambuler vers l’ouest, à la découverte de Kitano Tenman-gu (un parc très sympathique, doté d’un temple autour duquel gravitent des centaines de Japonais photographiant les cerisiers en fleurs sur leurs téléphones mobiles) puis de Kinkaku-ji (l’un des temples les plus connus du Japon… forcément, ses deux tiers supérieurs sont dorés à la feuille ! Mais pour deux ou trois points d’intérêt dans le parc, on a droit à trois restaurants et quatre boutiques de souvenirs…).

Retour par le nord, et Daitoku-ji. Ce complexe regroupe 24 temples, malheureusement hors limites : on ne peut souvent photographier que les portiques et les toitures. Tous ces trajets se font par de charmantes petites ruelles, bordées de maisons traditionnelles : panneaux coulissants, papier translucide, jardins zen, adorables mamies bicentenaires… Un vrai bonheur, voilà le Japon que l’on cherchait… même si cela fait un peu cliché !!

Le quartier étant très résidentiel, il est difficile de trouver à se sustenter, ce qui a amené à sauter le repas de midi (ce n’est pas la première fois, loin de là, les trajets en train ayant souvent lieu à ce moment du fait des horaires de check in / check out). On va donc essayer de reprendre des forces ce soir (peut-être déjà un kaiseki, la haute gastronomie japonaise, dont Kyoto est la capitale), avant normalement une visite demain à Nara, la première capitale du pays, toute proche, et dont plusieurs sites sont inscrits au patrimoine de l’UNESCO.

PS : comme prévu, kaiseki ce soir donc… Oh la la, mes aïeux, que c’est bon, raffiné, si agréable à l’oeil, à la truffe et au palais… Cela mérite un To Do & To Die à lui tout seul… L’esprit de la chose donc : historiquement, le kaiseki est une suite de 6 à 8 petits plats (3 ou 4 bouchées chacun, pas plus) qui servait d’accompagnement au saké (qui monte vite à la tête, je confirme, surtout froid). Aujourd’hui, il constitue un repas à part entière, où la présentation est au moins aussi importante que le goût. On est donc bien loin des standards indiens (essayez de poser une branche de cerisier sur un mix uttapam ou une fleur en gingembre sur une assiette de dal, ridicule assuré)… On ne va pas vous faire les détails de tous les plats (pour la nippophile gourmande reine des fourneaux : on pourra en discuter si vraiment tu insistes !), mais on ne saurait trop vous conseiller de prévoir une étape kaiseki la prochaine fois que vous passerez dans le coin ! Au passage, on a entre autres mangé les meilleurs sashimis jusqu’à présent. Oui, oui, on écrit ça souvent, mais là, le thon rouge était… rah, difficile de trouver les mots… je m’en suis rendu compte quand j’ai commencé à ronronner avec le sushi à l’anguille.

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